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[Revue de Presse] Accidents du Travail

  • Photo du rédacteur: Jean-Noël AMATO
    Jean-Noël AMATO
  • 19 févr. 2022
  • 3 min de lecture

18 Février 2022, Libération numéro 12648 [extraits]

La notion d'accident du travail, est une notion ancienne et historique.



Aujourd'hui, d’après Eurostat, l’office des statistiques de l’Union européenne, il y avait en France en 2018 plus d’accidents mortels que dans tout autre pays d’Europe : 615 victimes contre 523 en Italie, 397 en Allemagne, 323 en Espagne et 249 au Royaume-Uni.


En 2022, avec plus de 550 morts par an, dont deux tiers d’ouvriers, les accidents du travail sont un fait de société encore peu documenté, même si le gouvernement a mis en place des campagnes de prévention.



Le nombre de morts navigue autour de 550 par an, avec un pic à 733 en 2019, explicable en partie par un nouveau mode de calcul.

Le profil des victimes varie peu, également. Selon une étude de la Dares parue en 2016, les ouvriers représentaient, en 2012, les deux tiers du total des accidents du travail, mais aussi les deux tiers des accidents mortels.


On dénombrait, en 2019, 1 264 décès liés au travail parmi des salariés ou anciens salariés du secteur privé.

Une enquête publiée par l’Insee en 2013, a mis en évidence qu’«une personne sur quatre a été blessée au travail au cours de sa carrière». Un quart de ces victimes disaient «en conserver une gêne dans leur quotidien».


Prévention


Le secrétaire d’Etat chargé de la santé au travail, Laurent Pietraszewski, admet qu’un «plancher» semble avoir été atteint. Il identifie un «axe majeur de progression» : la prévention.

Cet axe est au cœur du dernier Plan Santé au Travail (PST4) 2021-2025, publié en décembre 2021 par le Conseil d’orientation des conditions de travail.

«On a des outils qui ne sont pas assez utilisés, comme le document unique d’évaluation des risques professionnel, qui est complété par une entreprise sur deux», estime Laurent Pietraszewski.

En août 2021, le gouvernement a fait adopter une loi qui oblige les employeurs à établir un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail.


Dans son livre Accidents du travail. Des morts et des blessés invisibles (ed. Bayard, 2021), Véronique Daubas-Letourneux a recueilli les témoignages de salariés – magasiniers, préparateurs de commande, employés d’abattoirs… – qui ont subi un voire plusieurs accidents du travail. Bien souvent, leur premier réflexe est de se rendre eux-mêmes responsables de ces «bêtises» qui les ont parfois privés d’activité pendant plusieurs mois. C’est quand la sociologue les interroge sur les circonstances exactes des faits «qu’ils expliquent que “c’était un samedi matin”, ou que “c’était 20 minutes avant la fermeture”…», relève-t-elle. Des situations de stress, de fatigue ou de sous-effectifs qui sont autant de facteurs de risque trop rarement pris en compte.



Le dernier Plan Santé au Travail (PST4) 2021-2025, mentionne la question des accidents du travail comme un «axe transversal».


Quels sont les facteurs identifiés qui augmentent le risque ?

Selon Véronique Daubas-Letourneux un des principaux facteurs est l'urgence organisée ou conjoncturelle est un facteur important. Travailler avec des délais de chantier dans le secteur du bâtiment, devoir livrer un produit en un temps très contraint, ou alors travailler très tôt le matin ou très tard le soir, alors qu’il faut boucler et qu’il y a moins d’effectifs… tout cela est générateur d’accidents. On fait courir les salariés, qui courent eux-mêmes le risque de se blesser.


En termes de responsabilité et d'indemnisation : "le dispositif juridique d’aujourd’hui relève du compromis et d’une recherche de paix sociale". Ce qui conduit souvent à éviter de poser la question des causes ?



Pour la CGT, ces accidents posent la question des conditions de travail. Elle déplorait, la situation «d’ouvriers trop souvent méprisés et travaillant en sous-effectif, mis sous pression et en concurrence avec les salariés d’entreprises de sous-traitance, eux-mêmes aussi en condition de précarité, peu ou pas du tout formés».



Sources:

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